Pour des services publics de qualité en Ariège

par 4 Avr, 2019En Ariège, Services publics0 commentaires

Les services publics jouent un rôle majeur pour la cohésion sociale, garantissant l’accès pour tous les usagers-citoyens, sans condition, dans le cadre de l’égalité républicaine. La question est centrale pour l’Ariège car ceux-ci constituent un socle par le nombre d’emplois qu’ils représentent (16 952 soit 42,2 % des salariés – source INSEE 2015), mais aussi parce qu’ils sont un outil incontournable de développement et d‘attractivité du territoire.
Du fait de la doctrine libérale européenne appliquée successivement par Sarkozy, Hollande puis maintenant Macron, les décideurs locaux sont confrontés au problème du maintien de services publics de qualité, face à la logique de rentabilité. Ainsi, à l’été 2018, de nombreuses collectivités ont été contraintes de signer un contrat avec le gouvernement français visant à réduire leurs dépenses de fonctionnement. La pression s’intensifie pendant que les collectivités locales rurales ont des difficultés à accéder aux fonds européens et sont pénalisées.
De surcroît, les citoyens subissent la dématérialisation (démarches en ligne sans interlocuteur), la réduction des effectifs, la fermeture d’établissements et services, la privatisation et les hausses de tarif.

Santé

En Ariège, la réduction de l’offre de soins devient de plus en plus préoccupante. La baisse du nombre de médecins généralistes pousse les gens vers les service d’urgence des hôpitaux avec pour conséquence une plus grande attente pour les patients dans ces services et une plus grande pression sur le personnel médical. Si les urgences sont saturées, alors ce sont les médecins généralistes qui doivent gérer encore plus la demande de soins. Cette surcharge de travail dégrade, là encore, l’attractivité du territoire pour de nouveaux médecins. On voit ainsi que nous entrons là dans un cercle vicieux dont il va falloir rapidement sortir.
La France insoumise, comme la CGT ou encore des associations d’usagers ne cessent d’alerter sur le danger que représente la mise en place du Groupement hospitalier de territoire qui vise à mutualiser les spécialités et qui aboutira à l’accélération de la fermeture de certains services dans nos hôpitaux de proximité, quand ce n’est pas l’établissement lui-même qui sera condamné à terme. Aujourd’hui encore des suppressions de lits sont annoncées, des départs de médecins ne sont pas remplacés et l’inquiétude est grande dans la population ariégeoise comme tend à le prouver le succès rencontré par la pétition que nous avions lancée à l’automne 2018.

Concernant la prise en charge des personnes dépendantes, la situation est tout aussi compliquée. En Ariège, les plus de 60 ans représentent 32% de la population (dont 12% de plus de 75 ans). Très fragiles, nos aînés en EHPAD n’en sont pas moins exclus de certains soins, faute de structure mobile ou d’organisation adaptée comme il en existe dans d’autres départements. C’est ainsi qu’on note un grand déficit de soins dentaires, situation fortement préjudiciable à la qualité de la nutrition. De même, peu des résidents bénéficient de suivi par des ophtalmologues ou des audioprothésistes, ce qui contribue à leur isolement et aggrave les problèmes cognitifs.

Justice

Après le désert médical, le désert judiciaire. Il manque 5 greffiers au tribunal de grande instance de Foix et, de son côté, le tribunal de St-Girons n’a toujours pas de juge titulaire et manque de personnel de greffe. Alors les retraités reprennent du service, du personnel toulousain se déplace ponctuellement… Au final, autant les fonctionnaires que les usagers en subissent les conséquences !

Transports

A la SNCF, le tronçon Foix-La Tour de Carol est menacé, ce qui est un véritable non-sens quand on sait que 64.4% des actifs travaillent dans une commune autre que celle de résidence, que 82,5% utilisent un véhicule personnel pour se rendre au travail et qu’on demande à ces gens de moins utiliser la voiture pour répondre aux impératifs écologiques.
Il n’y a plus systématiquement de contrôleur à bord des TER sur la ligne Toulouse-Foix, seulement une équipe mobile « commerciale » chargée du contrôle des billets, mais pas de la sécurité qui ne semble pas être une priorité de la direction même si des jeunes ont été victimes de racket ou d‘agression ces derniers temps. 

Éducation

Les Regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) ariégeois ont été soumis à de nombreux compromis. En 2016, le rapport du sénateur Alain Duran préconisait : « les élus locaux doivent accepter d’engager une démarche de travail avec l’éducation nationale et entre eux, ayant pour objectif l’amélioration de l’offre scolaire sur les territoires, notamment par la diminution des écoles à classes uniques ». Or la majorité des travaux réalisés dans le contexte français à partir des années 80 (Vogler, Bouissou, 1987; Oeuvrard, 1990; Leroy Audouin, Mingat, 1995) témoignent de l’efficacité des classes à plusieurs cours et notamment des classes uniques. Cette tendance s’observe globalement, quel que soit le nombre de sections dans la classe mais aussi indépendamment de l’âge des élèves.

La carte scolaire 2019-2020 affiche pour l’Ariège une suppression de 8 de ses classes (perte de 5 postes d’enseignants dans le premier degré) et la suppression d’un poste en Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (R.A.S.E.D.) à Mirepoix. Même si l’on peut constater l’ouverture de 6 autres classes et aucune suppression d’école, les critères de définition de la carte scolaire demeurent basés sur des seuils démographiques et des taux d’encadrement (rapport entre le nombre d’enseignants et le nombre d’élèves), ce qui pose la question de l’école en milieu rural puisque la loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République a fixé comme objectif au système éducatif de réduire l’impact des déterminismes et des inégalités sociales ou territoriales sur la réussite scolaire. Cette réduction des inégalités sociales et territoriales concerne les territoires ruraux et de montagne, dont plusieurs sont confrontés à des baisses structurelles des effectifs du premier degré et pour lesquels l’existence d’une offre éducative de qualité et de proximité est un enjeu essentiel de l’attractivité et du développement économique et social local. Ainsi, la loi réaffirmait la volonté du maintien d’une offre éducative de qualité et de proximité dans les territoires ruraux et de montagne, qu’il s’agisse en particulier de développer l’accueil des enfants de moins de trois ans ou de porter une attention particulière aux problématiques spécifiques de ces territoires dans le cadre de la carte scolaire. Et Emmanuel Macron, lors de la Conférence des Territoires en juillet 2017, de clamer : « Ce qui est sûr c’est que les territoires en particulier les plus ruraux ne peuvent plus être la variable d’ajustement d’économie. C’est pourquoi d’ici là en particulier il n’y aura plus de fermeture de classes dans les écoles primaires » !

On notera également que, dans le cadre de la réforme du baccalauréat, les élèves de seconde vont choisir des options pour la suite de leur parcours. Tous les lycées n’offrent pas toutes les options, ce qui oblige soit à changer de lycée, soit à renoncer à l’option souhaitée.

Trésoreries

Sur les 13 services de trésorerie que comptait l’Ariège en 2018, 3 d’entre-elles devaient fermer en 2019 : celles du Mas d’Azil, de Luzenac et de Mirepoix. Grâce notamment aux démarches entreprises par nos députés insoumis ariégeois, la trésorerie du Mas d’Azil sera finalement maintenue mais notons qu’il s’agit d’un engagement du gouvernement pour l’année 2019 seulement.
Ces fermetures marquent la fin du contact de proximité, sous couvert de « vétusté » de certains locaux et de « dématérialisation » vendue comme la solution miracle pour accroitre l’efficacité du service public. Or, depuis plusieurs années les rapporteurs spéciaux alertent l’Etat sur le fait que la baisse continue des effectifs de la DGFIP ne lui permettrait pas de mener à bien l’ensemble de ses missions et soulignent, par exemple, la nécessité de maintenir des guichets et du personnel d’accueil dans tout le réseau de la DGFiP afin de permettre aux personnes les moins connectées d’interagir directement en cas de besoin, avec des agents de la DGFiP. La modernisation des procédures est un atout mais elle ne peut se faire au détriment de nos concitoyens les plus vulnérables.

Nous devons tous en être conscients : ce sont les règles d’austérité des traités européens qui justifient les coupes budgétaires dans nos services publics. La logique libérale pousse à l’ouverture à la concurrence et la privatisation sur tout le territoire, ce qui entraîne la perte de sens et de l’usage des services publics, la confiscation des biens communs…
Et quand tout sera privé, on sera privé de tout !
C’est donc un des grands enjeux des élections européennes de mai 2019. Chaque vote en faveur de la liste France insoumise nous aidera à nous opposer à la casse des services publics !

Voir le programme européen de la France insoumise : « L’Avenir en commun, en Europe aussi ! »

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