Pas de revenu de base en Ariège

par | 9 Fév, 2019

La “proposition de loi d’expérimentation territoriale visant à instaurer un revenu de base” portée par 18 Conseils départementaux dirigés majoritairement par le Parti Socialiste, dont celui de l’Ariège, a été rejetée le mois dernier par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. A cette nouvelle, la fédération ariégeoise du PS a diffusé un communiqué de presse dans lequel elle regrette, notamment, que le gouvernement ait préféré l’idée d’un “faux Revenu Universel, conditionné à une ‘activité’ souvent impossible”. Au moment de rédiger ce communiqué, les dirigeants socialistes locaux avaient certainement oublié les précédents propos du président du Conseil départemental de l’Ariège qui, peut-être par peur d’être assimilé à un homme de gauche, s’était pourtant lui-même empressé de préciser que ce revenu de base n’avait rien à voir avec le revenu universel proposé, entre autres, par Benoît Hamon puisqu’il aurait été soumis à condition et aurait “respecté la valeur travail” (écouter sa déclaration). Quand on sait que ce revenu de base aurait pu représenter, par exemple, un montant mensuel de 550 euros (hors allocation logement) pour une personne célibataire sans enfant, on a alors une petite idée du niveau où Henri Nayrou place la “valeur travail” : pense-t-il sérieusement qu’une allocation supérieure à 550 euros pourrait dissuader les gens de travailler au prétexte que cela leur suffirait pour vivre ? En gros, Henri Nayrou semble reprendre à son compte la logique ultralibérale de Sarkozy et de Macron : “Si tu veux sortir de la pauvreté, tu n’as qu’à travailler !”

Présenté par ses initiateurs socialistes comme “audacieux socialement, soutenable financièrement et crédible scientifiquement”, il faut tout de même rappeler que ce revenu de base visait uniquement à fusionner diverses aides déjà existantes (RSA, prime d’activité et, éventuellement, APL) dans le but de rendre automatique le versement de ces aides sociales, notamment pour les 34% de personnes éligibles au RSA mais qui n’en font pas la demande soit par manque d’information, soit à cause de démarches administratives apparaissant trop compliquées, et de les ouvrir aux jeunes de moins de vingt-cinq ans.
Très proche du “revenu décent” qu’avait suggéré auparavant Manuel Valls, cette proposition n’apportait donc pas de réelle réponse au problème de pauvreté puisqu’elle se contentait de réorganiser le mécanisme d’octroi des minimas sociaux sans en modifier les montants et sans la moindre nouvelle réflexion ni sur le partage du travail, ni sur le partage des richesses. Il faut rappeler ici que le seuil de pauvreté pour une personne seule est établi à 855 ou à 1026 euros de revenus mensuels pour une personne seule, selon la définition de la pauvreté utilisée (données 2016 de l’INSEE)… déjà bien au-delà des 550 euros du revenu de base proposé par les socialistes.

Du côté de la France insoumise, pour éradiquer la pauvreté, nous proposons entre autres de créer pour toutes les personnes majeures vivant sous le seuil de pauvreté, une garantie dignité de 1000 € par mois pour une personne seule, par un dispositif reposant sur le renforcement du RSA, sans que soient remises en cause les autres aides comme l’Allocation adulte handicapée (AAH) ou l’Allocation de solidarité spécifique (ASS). Elle serait attribuée et versée automatiquement par l’administration fiscale. Ainsi, le financement du RSA, actuellement assuré par les départements, reviendrait à la solidarité nationale et serait réintégré au budget de l’État.
Nous proposons également d’étendre le principe de gratuité en instaurant, par exemple, la gratuité pour des quantités d’eau, électricité et gaz indispensables à une vie digne, ou encore en garantissant la gratuité réelle de l’éducation publique y compris des cantines, du transport et des activités périscolaires.

En savoir plus sur les propositions de la France insoumise : « Éradiquer la pauvreté »

>> Autres articles qui pourraient vous intéresser :