(Re)cours après tes droits !

par 9 Sep, 2018Les Insoumis fuxéens0 commentaires

Notre pays compte près de 9 millions de pauvres. Est considéré comme pauvre une personne dont les ressources (après redistribution) sont inférieures à 60% du revenu médian, soit 1 108,50 € par mois pour une personnes seule. Grâce à son système d’aides sociales, la France affiche le plus faible taux de risque de pauvreté monétaire en Europe. Selon la dernière étude publiée en juin 2018 par la Direction de la recherche, de l’évaluation, des études et des statistiques (DREES), ce taux de risque serait supérieur de 10 points sans tous les dispositifs mis en place pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Or si les dépenses liées à la protection sociale s’élèvent à un peu plus de 700 milliards d’euros (32% du PIB), celles strictement dédiées aux plus démunis représentent entre 1,8 et 2,6% du PIB, soit entre 40,7 et 57 milliards d’euros, selon qu’on inclut ou pas les prestations familiales et les allocations logement versées aux ménages.

Pourtant de nombreuses personnalités publiques nous rabâchent constamment qu’il existerait une fraude sociale massive, et qu’elle serait le cancer de notre pays, responsable du déficit budgétaire de l’État et d’un endettement insupportable pour les finances publiques. En particulier, les attaques visent fréquemment les bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA), jugé excessivement coûteux et totalement inefficace par ses détracteurs. Mais lorsque l’on regarde les chiffres de plus près, on s’aperçoit que le coût de la fraude au RSA est estimée à 800 millions d’euros, tandis que le non-recours au RSA, le plus souvent par méconnaissance du dispositif, représenterait quant à lui une économie de 5,7 milliards d’euros. Il est légitime dans ce contexte de se demander si, plutôt que de mettre des moyens supplémentaires pour faire la chasse aux fraudeurs du RSA, il ne vaudrait pas mieux renforcer les moyens humains pour s’assurer que tous ceux qui ont droit aux aides sociales les touchent. En effet, comment évaluer l’efficacité des dispositifs de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale si l’on n’est pas en mesure de les mettre en œuvre véritablement ?

Quoiqu’il en soit, peut-on sérieusement penser que ce sont les aides sociales qui plombent le budget de l’État ? Faut-il rappeler que le montant de la fraude fiscale est estimée à 80 milliards d’euros, soit 100 fois plus que la fraude au RSA ? Le déficit budgétaire annuel lui, avoisine les 60 milliards d’euros. On peut donc légitimement se poser la question : la véritable urgence est-elle de récupérer les 800 millions de fraude au RSA ou les 80 milliards de fraude fiscale ? Voilà l’une des nombreuses réflexions que nous avons partagé avec les ariégeois durant la campagne contre la fraude fiscale menée au mois de mai 2018 avec notre groupe d’action les insoumis fuxéens.

Pour rompre un peu avec l’aspect formel de la conférence-débat classique, nous nous sommes essayés à une autre forme de partage de la connaissance, issue de la sphère de l’éducation populaire. Le 1er juin 2018, pour clôturer la campagne nationale contre la fraude fiscale qui nous a occupé pendant tout le mois de mai, nous avons organisé une séance du spectacle de Cécile Pastre intitulé “(Re)cours après tes droits !”

Retour en images sur la conférence gesticulée du 1er juin 2018

Retour en images sur la conférence du 18 mai 2018 à Foix

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