Réchauffement climatique, un défi pour l’humanité

par | 9 Juin, 2019

L’urgence liée au dérèglement climatique et au désastre qui pourrait advenir pour l’humanité ne peut pas se contenter de simples éléments de communication destinés à enjoliver notre conscience en l’habillant de vert fluo. Le vote exprimé lors des récentes élections européennes a montré une inquiétude, sans nul doute sincère, au regard de la question écologique et il ne saurait être vu par quiconque comme un unique geste réalisé pour solde de tout compte. Aussi, plus que jamais à La France insoumise, nous sommes décidés à poursuivre le combat indispensable contre ce dérèglement climatique en cours. Il ne sera donc pas inutile de rappeler ici de quoi il est réellement question et quels sont les enjeux et solutions à mettre en œuvre suite aux nombreux avertissements des scientifiques et, notamment, des experts du GIEC.

Pourquoi l’atmosphère terrestre se réchauffe ?

L’intérieur d’une serre exposée au soleil se réchauffe beaucoup plus que l’extérieur parce que seule une partie de l’énergie solaire ressort de la serre sous forme de rayonnement. On appelle ça “effet de serre”. Dans les plus hautes couches de l’atmosphère terrestre on trouve une couche de gaz qui empêche le rayonnement solaire d’être réfléchi par la Terre et de repartir dans l’espace. Ces “gaz à effet de serre” sont principalement du CO2 (appelé aussi “gaz carbonique”) et du méthane. Depuis le développement de l’industrialisation et surtout depuis les années 80 et 90, on constate que cette couche de gaz à effet de serre (GES) augmente. En augmentant elle renforce l’effet de serre et donc le réchauffement de l’atmosphère.

D’où viennent les gaz à effet de serre ?

Le CO2 est constitué d’un atome de Carbone et de deux atomes d’Oxygène. Il y en a déjà beaucoup dans l’atmosphère mais c’est naturel et ça ne pose pas de problème. Ce qui pose problème c’est que les activités humaines rajoutent des atomes de Carbone provenant de gisements de pétrole, de charbon et de gaz enfouis profondément dans le sous-sol. Ces atomes de Carbone se combinent avec l’Oxygène de l’air et forment du CO2.

Que peut-on faire ?

La surveillance de l’atmosphère tout autour du monde montre que nous arrivons à un taux de GES qui génèrera un réchauffement de deux degrés dans les années à venir. Il devient urgent de limiter fortement notre production de GES en renonçant à extraire du sous-sol toujours plus de pétrole, de charbon et de gaz. Ce qui implique de faire toutes les économies d’énergie possibles et de développer à grande échelle d’autres sources d’énergie, les énergies renouvelables. C’est l’ensemble de la communauté internationale qui doit agir de façon concertée. Les experts du GIEC multiplient les avertissements, c’est MAINTENANT que les mesures fortes pour limiter le réchauffement à deux degrés doivent être prises, pas dans cinq ans.

Pourquoi ce seuil de deux degrés ?

Jusqu’à deux degrés les experts du GIEC peuvent prévoir les conséquences, au-dessus on rentre dans l’inconnu, l’imprévisible. Déjà, avec deux degrés d’augmentation depuis le début de l’ère industrielle, les modifications du climat seront graves : tempêtes, cyclones et ouragans plus forts et plus fréquents, pluies diluviennes entrainant des inondations inconnues auparavant, épisodes de sécheresse, tous les phénomènes atmosphériques seront aggravés du fait de l’énergie supplémentaire apportée par des températures en hausse. Les modèles météos fonctionnent jusqu’à +2 degrés, mais pas au-delà. Au-delà on peut imaginer des cyclones, comme ceux des Antilles, se produisant en Europe et détruisant tout sur leur passage, la montée des eaux provoquée par la fonte des glaciers, et donc l’évacuation des littoraux, parfois sur plusieurs kilomètres, la désertification de régions entières, les mouvements massifs de populations, les guerres pour l’eau, pour la nourriture, pour la survie…

Posons-nous les bonnes questions :

Voulons-nous jouer à l’apprenti sorcier avec notre atmosphère, prendrons-nous le risque de bouleverser les climats et de rendre les conditions de vie plus dures à des millions ou des milliards de terriens ? Simplement parce que nous refusons de modifier nos habitudes ?
Toutes les personnes sensées, et certainement tous les parents, répondent que non. Collectivement nous sommes d’accord pour ne pas prendre ces risques, pour faire des efforts et changer nos habitudes. Mais cette volonté commune doit être organisée par nos dirigeants, pour une bonne efficacité et aussi pour que les efforts demandés soient proportionnés aux moyens de chacun. Demander une contribution financière à quelqu’un qui a déjà du mal avec ses fins de mois n’a pas de sens. Il répondra avec raison : “Foutez-moi la paix, moi c’est tout de suite que je veux survivre”.
Si les citoyens, globalement, ont compris les enjeux, il n’en est pas de même de la plupart de nos dirigeants. La tête dans le guidon, les yeux rivés sur le PIB et le CAC 40, ils espèrent que tout ceci ne sera qu’une agitation passagère et qu’il ne faut surtout pas changer de cap.

En tant qu’électeur ou électrice nous avons la responsabilité de choisir nos dirigeants. Si on est convaincu de l’importance de lutter contre le réchauffement climatique il faut absolument voter pour des candidats qui mettent au premier plan de leur programme des mesures fortes pour le développement des transports en commun, du transport des marchandises par le rail, la taxation du kérosène des avions et du carburant des bateaux pour limiter ces transports (et du coup relocaliser en partie les productions de biens), mais aussi des aides financières pour améliorer fortement l’isolation thermique des bâtiments, une chasse au gaspillage d’énergie généralisée…

Pourquoi l’énergie nucléaire n’est pas la solution ?

Il faut refuser de se laisser enfermer dans des choix du type “la peste ou le choléra ?”. C’est ni l’une ni l’autre. Remplacer la production d’électricité des centrales fonctionnant au pétrole ou au charbon par des centrales nucléaires suppose la construction de centaines ou de milliers de ces centrales à travers le monde. Les multiplier signifie multiplier les risques d’accident. Le risque zéro n’existe pas mais les risques inconsidérés existent bel et bien.

Certains parlent de risque d’effondrement :

Il existe des scénarios qui mettent en avant un emballement du réchauffement climatique. Par exemple la fonte du permafrost : ces millions d’hectares gelés en Sibérie, seront amenés à fondre, libérant d’énormes quantités de gaz qui viendront s’ajouter aux gaz à effet de serre (GES), renforçant encore le réchauffement. 
Même phénomène avec le corail : dans les mers chaudes des régions tropicales, les coraux, ou polypiers, construisent de grandes masses sous-marines de calcaire (constitué de carbone) qui constituent les récifs coralliens(Wikipedia). La mort de  ce corail, qui ne supporte pas l’élévation de températures des océans, conduit à la décomposition de sa structure et à la dispersion des atomes de carbone qui la composent.
Les océans ont un rôle essentiel pour le climat : leur acidification provoquée par leur réchauffement, les graves menaces sur la faune et la flore,  les millions de tonnes de déchets sont des bombes à retardement pour l’écosystème planétaire. 

Les mesures à prendre :

Il faut maintenant laisser le pétrole, le gaz et le charbon dans le sous-sol. Cela suppose de grands changements dans nos habitudes :
• Construire différemment pour minimiser les besoins de chauffage et de climatisation
• Renoncer en grande partie aux voitures individuelles, et réduire fortement leur consommation
• Produire local pour limiter les transports de marchandises (et privilégier le rail)
• Stopper la déforestation (ce qui ne veut pas dire arrêter de couper des arbres, mais replanter autant que ce qu’on coupe) et recréer des forêts primaires, sauvages.
• Supprimer tous les gaspillages d’énergie
• Et puis… Développer au maximum les énergies renouvelables

On voit bien que le défi qui se pose à nous est immense. Serons-nous capables de le relever ? Certains disent déjà que non. Mais c’est la solution de facilité, pas d’effort à faire. Il n’est pas encore trop tard et nous devons nous battre, pour nous, pour nos enfants et leurs enfants…

On peut consulter le site consacré au changement climatique sur les Pyrénées :
www.opcc-ctp.org/fr/sector/climat-futur
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Pour en savoir plus sur les propositions de La France insoumise :
Face à l’urgence climatique, la planification écologique

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