Pour une planification écologique européenne

par | 17 Avr, 2019

Le 9 avril, à Foix, Younous Omarjee, député européen de nouveau candidat, et Mathilde Panot, députée à l’Assemblée nationale et membre de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, tenaient une réunion publique dans le cadre de la campagne pour les élections européennes. Devant un public particulièrement concerné, ils ont réaffirmé la place centrale que tenait l’écologie dans le programme de la France insoumise.

Voir les interventions de Mathilde Panot et Younous Omarjee

Lors de son intervention, Mathilde Panot a commencé par saluer le formidable mouvement populaire des gilets jaunes qui fait le lien entre les injustices sociales et les injustices écologiques avec le slogan « fin du monde, fin du mois : mêmes responsables, même combat », car c’est bien le même système qui exploite les ressources sans aucune limite et qui permet une accumulation des richesses dans les poches de quelques-uns aux dépens de tous les autres. Aussi, elle a réaffirmé très fermement que l’écologie n’est pas compatible avec l’économie de marché et notamment les traités de libre-échange défendus par les tenants du libéralisme (ce qui constitue pour nous un désaccord fondamental avec Yannick Jadot, tête de liste d‘EELV, qui n’hésite pas désormais à vanter « la libre entreprise et l’économie de marché »). Il est ainsi faux de dire qu’on pourrait parvenir à mener une politique écologiste sans rompre avec le modèle économique actuel et sans relocalisation de la production, comme il est faux de faire croire qu’une réelle politique écologiste pourrait se faire dans le cadre des traités européens en vigueur.
Evoquant la liste LREM pour les élections européennes, Mathilde n’a pas manqué de s’interroger sur cette liste qui comprend des gens comme Jérémy Decerle, président des Jeunes Agriculteurs (syndicat pro FNSEA), Fabienne Keller, sénatrice de droite favorable au GCO (Grand Contournement Ouest de Strasbourg, un grand projet qui entraîne la bétonisation de terres agricoles) ou encore Xavier Fournier, autre élu de droite, conseiller municipal à Nantes qui était pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes… Autant de personnalités qui, à priori, ne semblent pas mettre l’écologie au premier plan de leurs priorités et dont on peut chercher la cohérence avec Pascal Canfin ou Pascal Durand. Mais finalement, cela correspond assez bien à la politique nationale très zigzagante d’Emmanuel Macron en matière d’écologie qui a abouti au départ du gouvernement de Nicolas Hulot.

Pour sa part, Younous Omarjee  a mis en avant le caractère irriguant de l’écologie dans le programme de la France insoumise, affirmant à son tour que la question sociale ne pouvait pas être détachée de la question écologique. Il a notamment rappelé que partout où l’écologie régresse, ce sont finalement les plus pauvres qui en paient toujours le prix le plus lourd. Ainsi, les impacts du changement climatique vont avoir des répercussions en premier pour les pays pauvres mais aussi les plus fragiles à l’intérieur d’une société.
Il a également mis en garde sur la situation, à la fois inédite et tragique, dans laquelle nous nous trouvons, qui nous confronte à la sixième vague d’extinction des espèces ou encore au réchauffement planétaire. L’Europe a un rôle important dans cette période et, pour le démontrer, Younous Omarjee a pris l’exemple des politiques mises en œuvre par la Commission européenne qui subventionnent des flottes de pêche industrielle et qui pourraient aboutir, d’ici 2050, à ce qu’il n’y ait plus un seul poisson, ni crustacé, ni coquillage disponible pour la pêche commerciale et qu’il y ait plus de plastique au fond des océans que de poisson.
Il devient donc urgent de changer ces politiques pour atténuer ou inverser ces situations. C’est tout le sens des propositions de la France insoumise qui visent à changer radicalement les modèles politiques et économiques actuels.
Alors bien sûr, les députés européens ne pourront pas faire la révolution mais, entre autre par des votes clairs, les députés de la France insoumise pourront poursuivre les combats menés au cours de la présente législature par Younous Omarjee et Emmanuel Maurel contre les accords commerciaux qui aggravent la dette écologique, contre le glyphosate, et tant d’autres combats encore.

Ces élections européennes sont donc extrêmement importantes car demain, au Parlement européen, il y aura des votes décisifs qui pourront influencer nos modes de production et d‘échange.
La France insoumise porte un programme fort de nombreuses propositions qui concernent l’écologie. A nous de permettre à un maximum de députés de défendre ce programme.

En savoir plus sur le programme européen de la France insoumise :
« L’Avenir en commun, en Europe aussi ! »
« Maintenant le peuple »
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Lire les livrets “Écologie” de la France insoumise :
« Face à l’urgence climatique, la planification écologique »
« 100% énergies renouvelables »
« Déchets : nous n’en jetterons plus! »

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ÉCHANGES AVEC DES ASSOCIATIONS ÉCOLOGISTES ARIÉGEOISES…

La venue de Mathilde Panot et Younous Omarjee à Foix a été l’occasion d’une rencontre avec plusieurs associations ariégeoises de protection de l’environnement. Des sujets importants ont pu être abordés par les différents représentants de ces associations.

Il a tout d’abord été question de la réouverture possible de la mine de Salau qui soulève de grandes interrogations au regard des problèmes potentiels de pollution et de santé pour la population locale. L’hypothèse d’une exploitation de la mine pour en extraire de l’or crée notamment une forte inquiétude compte-tenu de l’utilisation nécessaire de cyanure de sodium, un produit particulièrement nocif et difficile à entreposer avant qu’il ne soit éventuellement retraité. Aussi, pour stopper ce projet, l’association Stop mine de Salau souhaiterait que les députés, tant européens que nationaux, puissent œuvrer à l’instauration d’un moratoire ou d’une résolution sur l’usage du cyanure.

Bien entendu, la campagne sur le glyphosate a été évoquée puisque, rappelons-le, l’importante implication citoyenne est partie d’Ariège. Ce sujet a permis à certaines personnes présentes de dénoncer le poids très puissant des lobbys, tant au niveau européen que national, et d’exprimer leur souhait d’interdiction pure et simple de ces lobbys.

L’alerte a été donnée par l’association Le Chabot sur la possible « bombe à retardement » que constitue l’enfouissement des déchets du BTP dans les gravières de la Basse Ariège avec une conséquence extrêmement néfaste pour la nappe phréatique dont l’écoulement se retrouve empêché. Deux autres sujets essentiels ont pu être abordés par Le Chabot : d’une part, les enjeux liés à la cartographie des cours d’eau et, d’autre part, la politique de stockage de l’eau.

Pour terminer, le Comité Écologique Ariégeois a voulu sensibiliser les élus sur la contradiction et les difficultés de compréhension qu’il peut y avoir entre la vision « de terrain » de la défense de l’environnement et les grandes orientations politiques sur l’écologie. L’exemple de la transition énergétique avec la promotion de l’énergie bois est, à ce titre, très parlant. En Ariège, tout particulièrement, cette énergie est largement soutenue par les pouvoirs publics, ce qui entraîne une multiplication des pistes forestières et, à terme, une transformation des habitats puis une disparition possible d’espèces. Ceci provoque donc une contradiction entre deux objectifs écologiques pourtant aussi louables l’un que l’autre.
Enfin, le droit de l’environnement a été évoqué pour regretter la difficulté que rencontrent les associations pour le faire appliquer. Sur ce sujet, Younous Omarjee a alerté sur un projet européen d’opposer un principe d’innovation, poussé par les lobbys, au principe de précaution.

Au final, force est de constater que l’essentiel des sujets soulevés par les associations renvoient aux problèmes identifiés dans le programme de la France insoumise et se jouent, pour beaucoup, à Bruxelles dans la définition des normes européennes, ce qui confirme, s’il était nécessaire, le caractère crucial des élections du 26 mai prochain.


Pour aller plus loin sur les sujets évoqués :
>> Stop Mine de Salau
>> Campagne Glyphosate
>> Le Chabot
>> Comité Écologique Ariégeois

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