Pour une agriculture écologique et paysanne

par 1 Avr, 2019En Ariège0 commentaires

La première grande réunion publique ariégeoise organisée par le comité d’appui de Foix dans le cadre de la campagne pour les prochaines élections européennes a été consacrée à l’agriculture. Nathalie Bourras, apicultrice en Corse, et Laurent Thérond, viticulteur dans le Vaucluse, tous les deux candidats de la liste France insoumise, sont venus présenter les grandes lignes du programme sur ce sujet particulièrement important pour notre département.
Nous vous proposons de retrouver ici un extrait sonore de leur intervention ainsi qu’une petite galerie de photos.

Extrait sonore des interventions de Nathalie Bourras et Laurent Thérond

Fidèles à la vision développée dans le programme L’avenir en commun et dans le livret “Agriculture” de la France insoumise élaboré par de nombreux agriculteurs, ingénieurs agronomes et autres spécialistes de la question, nos députés qui siègeront au Parlement européen défendront une agriculture paysanne, bio et de proximité comme alternative à l’agriculture productiviste, au glyphosate et autres intrants chimiques que nous ont imposés, au sein de l’Union Européenne, les tenants du libéralisme. C’est, de notre point de vue, la seule réponse valable face aux grands enjeux à venir liés tant à l’urgence climatique qu’à la juste revendication d’une alimentation de qualité, bonne et saine. Il faut rapidement rompre avec la logique actuelle où les prix proposés aux producteurs français et européens sont ceux du marché mondial et ne dépendent pas du coût de production mais plutôt de la spéculation. Cette libéralisation à outrance du système agricole a balayé les outils de régulation qui pouvaient exister à une époque, laissant aujourd’hui de très nombreux agriculteurs dans un état de désespérance inacceptable.

La soumission au libre-marché et au libre-échange détruit tout : l’écosystème, la santé des consommateurs et celle des paysans.
Il est grand temps de retrouver la raison, autant que notre humanité. C’est pourquoi, dans le cadre de son programme pour les élections européennes, la France insoumise propose la mise en place d’une politique agricole commune écologique pour une alimentation de qualité qui suppose de :

• Ajouter un volet « alimentation de qualité » à la PAC pour en faire une politique agricole et alimentaire commune.

• Assurer la souveraineté alimentaire par le refus du modèle d’agro-business tourné vers l’export hors de l’UE, la protection des productions agricoles européennes de qualité (labels, appellations d’origine protégées non-reconnues par les accords de libre-échange comme le CETA).

• Développer l’agriculture écologique et paysanne par le transfert massif des subventions de la PAC vers les petites exploitations et l’agriculture bio, par le plafonnement des aides pour les grosses exploitations et le renforcement des aides à la conversion vers l’agriculture bio.

• Garantir des prix rémunérateurs aux paysans en promouvant les circuits courts, en encadrant les marges des transformateurs et distributeurs, en empêchant le dumping qui tire les prix et les revenus vers le bas.

• Réduire fortement la part de l’alimentation carnée notamment en favorisant des subventions de la PAC pour les cultures végétales à destination de l’alimentation humaine.

• Sortir des pesticides, des néonicotinoïdes et des OGM par l’interdiction européenne du glyphosate et un plan de sortie des pesticides, l’interdiction de la culture et de l’importation d’OGM, y compris OGM cachés. Si l’UE ne prend pas ces mesures, chaque Etat devra pouvoir les appliquer unilatéralement y compris vis-à-vis des importations en provenance d’autres pays de l’UE.

• Rompre avec le droit de la concurrence actuel pour pouvoir imposer 100% d’alimentation bio, locale et en proposant des repas végétariens, dans la restauration scolaire partout en Europe. 

• Interdire l’importation des produits issus de la déforestation, et notamment de l’huile de palme destinée à la fabrication de carburants, le soja et autres céréales et légumineuses à destination du bétail européen.

• Interdire les agrocarburants qui entrent en compétition avec les usages alimentaires.

• Interdire l’utilisation directe ou indirecte des aides de la PAC pour exporter à des prix de dumping, notamment dans le cadre des accords de libre-échange, auxquels nous nous opposons.

• Pour atteindre une consommation de viande à un niveau écologiquement soutenable, revoir les aides agricoles de façon à rémunérer l’engagement de l’éleveur en faveur du bien-être animal et du rôle paysager et environnemental du cheptel, sans perte de revenu. 

• Fermer les fermes usines et passer de l’élevage intensif et industriel à une agriculture biologique et paysanne prenant en compte la condition animale et les protéines dans leur diversité.

• Interdire les financements de la pêche au chalut et de toutes les pêches qui ravagent les océans. Engager la reconversion vers la production d’algues à destination de l’alimentation humaine, excellente source de protéines, écologiquement durable.

• Permettre que le bio et le local soient économiquement et écologiquement soutenables et accessibles à tous, notamment en soutenant la production de protéines végétales à destination de l’alimentation humaine.

Même si nous ne sommes pas majoritaires dans le prochain parlement européen, nul doute que nous aurons des députés de combat qui, avec les alliés issus d’autres pays tels que Podemos en Espagne ou Bloco de Esquerda au Portugal, sauront porter haut la revendication d’une agriculture écologique et paysanne pour une alimentation de qualité.
C’est là un des grands enjeux des élections européennes de mai 2019. Chaque vote en faveur de la liste France insoumise nous y aidera !

En savoir plus sur le programme européen de la France insoumise :
« L’Avenir en commun, en Europe aussi ! »
« Maintenant le peuple »
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Lire le livret “Agriculture” de la France insoumise :
« Pour une agriculture écologique et paysanne »

Retour en images

… sur une soirée riche en partage d’informations avec un public venu nombreux et parmi lequel se trouvaient beaucoup de jeunes, notamment des étudiants en pastoralisme visiblement soucieux de leur avenir.

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UNE AUTRE AGRICULTURE EST POSSIBLE, ON LE PROUVE EN ARIÈGE…

Avant la réunion publique qui s’est déroulée en soirée, Nathalie Bourras et Laurent Thérond s’étaient rendus dans la journée sur la Ferme de Vernou à Saint-Quirc où l’exploitant Alex Franck a choisi de produire des aliments sains en pratiquant une agriculture durable. Nos deux candidats y ont ainsi découvert un parfait exemple de ce que promeut la France insoumise dans son programme en matière d’agriculture. Ici, le mode de production vise à privilégier l’intégration des cultures dans l’environnement et la qualité prend le dessus sur le rendement. Alex Franck s’inscrit également dans une démarche qui se veut vertueuse : vente en circuit court, magasin de producteurs locaux et 100% Bio, coopération avec d’autres producteurs pour proposer un marché fermier hebdomadaire avec produits bio et locaux, recyclage des déchets verts avec des éleveurs locaux qui lui fournissent du lisier en contrepartie… sans oublier que l’agriculture bio, contrairement à l’agriculture chimique, est génératrice d’emplois ce qui, pour un département comme l’Ariège, peut aussi apparaître comme un moyen de lutter contre la désertification rurale. Ainsi à la Ferme de Vernou, Alex Franck emploie environ 8 ETP (Équivalent Temps Plein) à l’année, sur seulement 50 ha. Par comparaison, les fermes environnantes en agriculture conventionnelle, ont toutes des surfaces comprises entre 100 et 250 ha mais emploient moins de 2 ETP.

De nombreux autres exemples partageant cette même philosophie existent sur le département et nous pourrions aussi évoquer le score, somme toute encourageant, obtenu par la Confédération paysanne lors des dernières élections à la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, en début d’année. Sa progression constante au fil des élections montre qu’il y a, dans le monde agricole ariégeois, une adhésion de plus en plus grande aux valeurs défendues par le syndicat en faveur d’une agriculture paysanne diversifiée, soucieuse d’une meilleure gestion des ressources naturelles et remettant l’humain au cœur du système de production.


>> En savoir plus sur la Ferme de Vernou
>> En savoir plus sur la Confédération paysanne de l’Ariège

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