Action Santé 09 : pour un hôpital de proximité et l’accès aux soins pour tous

par | 28 Nov, 2018

De Saverdun à Ax-les-Thermes en passant par Mazères, Pamiers, Varilhes, Foix, Tarascon et Les Cabannes. De St-Girons à Mirepoix en passant par Le Mas-d’Azil, Foix, Lavelanet, Laroque d’Olmes, Nous les insoumis(e)s ariégeois(e)s avons arpenté les marchés du département de long en large pour informer les habitant(e)s du sort qui est réservé à notre système de santé. Nous avons rencontré des femmes et des hommes inquiets, en colère qui ressentent déjà dans leur quotidien les difficultés pour se soigner. Ils savent le manque de médecins, la suppression de plateaux techniques chirurgicaux, de maternités, de services spécialisés. Ils savent aussi la volonté des gouvernants de casser l’hôpital public, de le rendre inopérant par manque de moyens, de l’éloigner de l’habitat rural.

Une pétition a recueilli  3 147 signatures pour un hôpital de proximité et un système de santé égalitaire sur chaque territoire. Le vendredi 16 novembre elle a été remise à Mme la Préfète de l’Ariège par une délégation d’insoumis composée de Michel Larive, député de la 2ème circonscription de l’Ariège, de Marcel Lopez, suuppléant de Bénédicte Taurine  députée de la 1ère circonscription de l’Ariège, et de membres du groupe d’action sur l’hôpital public et la santé.

Le même jour à 18 h à l’Estive à Foix a eu lieu une rencontre citoyenne organisée par la France Insoumise avec des élus, des professionnels de la santé, du personnel en lutte, des représentants syndicaux, des collectifs d’usagers, des citoyens pour faire un état des lieux et débattre des perspectives et de l’organisation de la lutte. Une cinquantaine de citoyens étaient présents. Les différents intervenants ont exposé leurs analyses de la situation de l’hôpital et de l’accés aux soins  dans le département. 

 

• En savoir plus sur les propositions de la France Insoumise en matière de santé : La santé, notre bien commun

TABLE RONDE SUR LA SANTÉ DU 16 NOVEMBRE 2018

A l’initiative des groupes d’action ariégeois de la France Insoumise, une soirée débat sur la santé a réuni autour d’une table ronde des professionnels de la santé, médecins hospitaliers, médecins libéraux, infirmiers, aides-soignants privés (Ariège Assistance), collectifs d’usagers d’hôpitaux et d’EHPAD, et des maires de communes plus ou moins importantes, Le public était invité à participer.
Le moins que l’on puisse dire c’est que la préoccupation du délitement de système de soins en Ariège est partagée par tous.

Tout d’abord  les médecins hospitaliers alertent sur la dégradation du fonctionnement du CHIVA qui  est au bord du gouffre financier et à qui on demande toujours plus d’économies. Cette gouvernance comptable ne fait qu’accroître des conditions de travail de plus en plus dégradées, des fermetures de services essentiels tel la neurochirurgie, ce qui a pour conséquence d’externaliser les soins vers d’autres hôpitaux comme Toulouse ou Carcassonne.
Comme l’on fait remarquer les maires de petites communes, les promesses  du Plan Santé du gouvernement qui exige que chaque citoyen ne soit pas à plus de 30 min d’un  hôpital ne sont pas tenues.
Le manque de plateaux techniques oblige encore une fois les médecins à orienter leurs patients vers Toulouse ce qui a un coût pour les hôpitaux de proximités  et les patients.
Le CHIVA est au bord de l’asphyxie ce qui décourage les médecins de venir y exercer. Nombre de spécialités ont disparu.

La situation dans les EHPAD s’est encore dégradée et nos anciens ne bénéficient plus maintenant d’infirmières de nuit au combien essentielles pour cette population fragile qui souvent perd les repères temporels et se lèvent la nuit au risque de chuter. En cas d’accident, c’est le SAMU qui les prendra en charge alors qu’on aurait pu l’éviter.
De plus avec la décision du Conseil Départemental de réduire la PCH (Prestation Compensatrice du Handicap) nombre de personnes âgées réduisent leurs interventions d’aide à domicile et sont de ce fait moins bien soignées et suivies  à la maison.  Les aides à domiciles risquent de ne pas voir à temps la dégradation de leur santé  au point de nécessiter une hospitalisation d’urgence qui aurait pu être évitée.

La médecine de ville n’est pas au mieux non plus. Il y a un manque cruel de médecins libéraux, ce qui a pour conséquences d’engorger encore plus les urgences.

Le nouveau Plan Hôpital de Territoire qui met en avant la mutualisation des moyens ne vise en fait  qu’à déstructurer  les services  qui marchent afin de pouvoir à terme tout externaliser sur Toulouse. Ceci pour des raisons purement comptables et idéologiques qui voudraient que la santé devienne tout simplement une valeur marchande.

Le constat est vraiment inquiétant pour les Ariégeois, qui deviennent de plus en plus oubliés.

D’autres alternatives sont possibles à condition que l’on veuille bien s’en donner les moyens, comme le prévoit le programme des Insoumis qui remettra entre autre la Santé comme l’Ecole, au centre des politiques publiques.