Mon hôpital, j’y tiens !

par | 19 Sep, 2018

“Et sinon, vous, la santé ça va ?”… Voilà une question qu’on n’osera peut-être bientôt plus poser en Ariège comme partout en France, tant le système de santé se dégrade.

Depuis les lois Bachelot et Touraine et la mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire, les hôpitaux sont mis en concurrence et les conditions de travail des personnels de santé se dégradent. En Ariège, comme ailleurs en France, on ne compte plus toutes les difficultés sociales et psychologiques qui en découlent.
Avec la libéralisation croissante de la santé, le manque de moyens pour les établissements et les équipes soignantes est en train de dépasser les limites du supportable.
La prise en charge par la branche maladie de la Sécurité sociale n’a cessé de reculer pour passer sous les 50 % en ce qui concerne les soins courants.
Le cloisonnement des politiques publiques réduit la santé à la question de l’offre de soins et empêche toute mise en cohérence entre politiques environnementales, sociales et sanitaires.
Se focaliser, comme aujourd’hui, sur l’offre de soins sans prendre en compte des facteurs déterminants de l’état de santé de la population tels que les conditions sociales et environnementales, c’est se condamner à l’échec.
Les carences historiques en matière de coordination, aggravées ces dernières années par la mise en concurrence délibérée des différents acteurs de l’offre de soins (ville/hôpital/clinique, médical/médico-social/social), ne permettent pas une prise en charge globale et cohérente de la population. Ce qui est la vraie question pour notre département !
Malheureusement, le projet Groupement Hospitalier de Territoire des Pyrénées Ariégeoises ne va faire qu’accentuer le problème puisqu’il prévoit de rattacher au Centre Hospitalier du Val d’Ariège, dont le siège est à Saint-Jean-de-Verges :
– le Centre Hospitalier Ariège Couserans, dont le siège est à Saint-Girons,
– le Centre Hospitalier du Pays d’Olmes, dont le siège est Lavelanet,
– le Centre Hospitalier de Tarascon-sur-Ariège,
– le Centre Hospitalier d’Ax-les-Thermes.
Dans ces conditions on ne peut qu’être inquiet du Projet Médico Soignant qui prévoit une seule PDS (permanence des soins) chirurgicale en Ariège, qui sera basée au CHIVA.
Conséquences : les blocs opératoires de St-Girons ou de Lavelanet ne seront plus ouverts qu’à certaines heures de la journée.
Ça s’appelle de l’ambulatoire !

Face à tout cela, nos 2 députés ariégeois mènent la bataille pour reconstruire le service public hospitalier.

Pour ce qui concerne la structuration des hôpitaux, des changements profonds sont nécessaires, mais il faut battre en brèche toute l’argumentation autour de l’ambulatoire.
En effet, si les nouvelles techniques chirurgicales permettent de limiter les durées d’hospitalisation, cela ne concerne qu’une petite partie de l’activité médicale pour des patients qui doivent être sélectionnés sur des critères médicaux et surtout – ce qui est souvent oublié par une partie des médecins obnubilés par la technique – prenant en compte leurs conditions sociales et psychologiques.

Aujourd’hui, le véritable problème de l’hôpital est son organisation en services par spécialités qui ne correspond plus aux nouveaux besoins qui sont ceux de patients de plus de 50 ans atteints de maladies chroniques. L’objectif a changé : il ne s’agit plus d’obtenir une guérison mais d’obtenir le maintien du meilleur état de santé le plus longtemps possible. Il est donc nécessaire de développer des services de médecine polyvalente où les spécialistes seront des intervenants coordonnés par un médecin « généraliste » hospitalier.
Car ce qui est inadmissible aujourd’hui, c’est de fermer des services et des hôpitaux par manque de médecins. Il est urgent de supprimer le numerus clausus, de former plus de médecins généralistes que de spécialistes, de concentrer les médecins sur leur métier en les libérant de tâches administratives et d’organiser une meilleure répartition des tâches entre les différents métiers de la santé.

Chacun d’entre nous le vit au quotidien, l’accès à la santé devient de plus en plus difficile et inégalitaire selon sa condition sociale, son lieu d’habitation et de travail. La diminution du nombre de médecins généralistes et de médecins spécialistes avec, pour ces derniers, de plus en plus de dépassements d’honoraires, a considérablement détérioré la possibilité d’accès à une consultation médicale qui devient un véritable parcours du combattant pouvant se terminer aux urgences hospitalières.

Aussi, nous proposons de faire évoluer le cœur du service public qu’est l’hôpital en développant des centres de santé qui lui seraient rattachés et qui fonctionneraient avec du personnel salarié sous statut de la fonction publique. Cette proposition est moderne et répond largement aux aspirations des jeunes médecins qui souhaitent très largement un exercice salarié dans des structures collectives pluri-professionnelles. Cette solution est réaliste et porteuse d’avenir car elle intègre trois points essentiels pour les patients :
- une juste répartition des médecins sur le territoire,
- le tiers payant intégral,
- la fin des dépassements d’honoraires.

Reste posée une question politique : celle de la responsabilité des élus qui ont soutenu jusqu’à présent les différentes politiques gouvernementales, qu’elles soient menées par les socialistes ou la droite.

Il est temps de donner la parole aux populations de nos communes pour leur permettre, grâce à la lutte des personnels et des syndicats, avec des propositions innovantes pour la santé, de se mobiliser afin de choisir une autre voie pour l’Hôpital public.

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas rester l’arme au pied.
Aussi, dès le mois d’octobre, les groupes d’action ariégeois de la France insoumise lanceront dans les villes concernées une votation citoyenne en appui d’une pétition départementale.
REJOIGNEZ-NOUS !
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AU CONSEIL DÉPARTEMENTAL, CE N’EST PAS LA SANTÉ !

Le 2 juillet 2018, les personnes recevant une compensation du handicap payée jusqu’alors à 100 % par le Conseil Départemental ont appris que maintenant il ne versera plus que 85 % du tarif horaire du Service d’Aide à Domicile.
Comme s’en est ému le personnel d’Ariège Assistance, ce sont les personnes les plus fragilisées qui font les frais d’une telle décision prise le 25 juin par les élus de notre département.
On peut craindre que cela pousse les plus défavorisés d’entre nous à réduire le nombre des interventions. Cela pourrait entraîner à terme des licenciements dans les structures qui travaillent dans ce domaine.

De même, le Conseil Départemental semble peu se soucier des personnes dépendantes. Il a, en effet, approuvé par la voix de Mme Denjean, la suppression de l’USLD (unité de soins de longue durée) de l’hôpital Jules Rousse de Tarascon. Alors que 19 maires sur 20 de la Communauté des Communes du Pays de Tarascon étaient contre cette décision, le maire de Tarascon, Président du Comité de Surveillance, n’a pas joué le jeu de la démocratie. Avec cette fermeture, c’est l’éloignement des habitants de leur bassin de vie et à terme la perte des moyens humains et techniques, du caractère médical de cet établissement qui est en jeu. Il deviendra un EHPAD (établissement pour personnes âgées dépendantes).
Cette décision impliquera de fait, l’augmentation de la fréquentation du service des urgences du CHIVA pourtant déjà débordé.

Nous pensons, au contraire, que le rôle du Conseil Départemental est de combattre la désertification médicale et de tout faire pour aider les plus fragiles et leurs familles à bénéficier des moyens médicaux performants auxquels ils ont droit.